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Monsieur de Reyff, physicien, ancien responsable de la recherche énergétique à l'Office fédéral de l'énergie (OFEN) défend scientifiquement le chauffage électrique

Le conseiller d’Etat fribourgeois Beat Vonlanthen (LT du 04.05.2012) voudrait justifier l’interdiction des chauffages électriques domestiques à résistance. Outre le fait de l’exagération d’un facteur 3 ( !) dans la comparaison entre la consommation de ces derniers qui ont consommé 2,78 TWh, ou milliards de kWh, en 2010 pour toute la Suisse, et la production des trois petites centrales nucléaires suisses (8,44 TWh en 2010), il y a complète omission d’informations sur les enjeux en émissions de CO2 et autres gaz à effet de serre.

En effet, un chauffage à coke de charbon émet 120 gCO2éq/MJ (grammes d’équivalent CO2 par million de joules d’énergie calorifique), un chauffage à briquettes 108, un chauffage à mazout 83, un chauffage à propane/butane 78 et un chauffage à gaz 66. En regard de ces chiffres, le « mix suisse » de production d’électricité représente 8 gCO2éq/MJ, cependant que le « mix européen » de production d’électricité est bien plus élevé, soit 165 gCO2éq/MJ du fait de sa forte composante en agents fossiles primaires. Le chiffre déterminant à retenir ici est celui du « mix suisse » de consommation d’électricité qui est (en moyenne) composé de 79% de « mix suisse » et de 21% de « mix européen » ; cela donne une émission de 41 gCO2éq/MJ. C’est cette dernière valeur qui est significative en Suisse pour la consommation des chauffages électriques. On constate aisément qu’il reste toujours préférable de se chauffer à l’électricité en Suisse que de brûler des agents fossiles !

Il est vrai que, en s’équipant d’une pompe à chaleur fonctionnant avec un compresseur alimenté en électricité, et grâce a un coefficient de performance d’au moins 3, ces émissions se ramènent encore à un tiers de la valeur déterminante, soit seulement 13 gCO2éq/MJ. C’est là qu’est l’avenir, non seulement en amélioration du chauffage électrique, mais aussi en remplacement des autres chauffages à agents fossiles.

 

Courrier des lecteurs, journal « Le Temps », mercredi 30 mai 2012

 

Christophe de Reyff, Pensier (FR), Dr. en Physique, récent retraité de l’Office fédéral de l’énergie (OFEN)

Responsable de la recherche énergétique de l'OFEN durant plus de 20ans

 

 

 

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