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Les chauffages à mazout et au gaz sont-ils d'ores et déjà condamnés ?

Article du "Matin Dimanche" du 11 novembre 2012. Cet article confirme la position du comité référendaire : Si l'Etat exige de démonter les chauffages électriques, plus rien ne s'opposera à une exigence équivalente pour le chauffage au mazout !

ÉNERGIE Alors que le débat autour de l'interdiction des chauffages électriques bat son plein dans certains cantons, celui autour de leurs homologues à combustibles fossiles bourronne sur fond de mise en consultation du projet fédéral de Stratégie énergétique 2050.

«Les chauffages alimentés aux énergies fossiles sont autant que possible remplacés par des systèmes fonctionnant aux énergies renouvelables». Cette phrase du rapport explicatif du premier paquet de mesures de la stratégie énergétique 2050 signifie-t-elle l'interdiction prochaine de ces sources de chaleur pour le bâtiment? Non, relève Philipp Schwander de l'Office fédéral de l'énergie, «il n'y a pas d'interdiction rapide prévu dans le projet en consultation». L'heure est encore à l'incitation. Et de replacer cette phrase dans son contexte. «Le domaine du bâtiment représente environ 46 % de la consommation énergétique suisse» et 49 % de la consommation des énergies fossiles. «Il a donc un rôle-clé à jouer dans la réalisation des objectifs de la stratégie énergétique». Pour ce faire, le Conseil fédéral prévoit le renforcement du programme Bâtiment existant, le renforcement et le développement du MoPEC (Modèle de prescriptions énergétiques des cantons) et l'adaptation du droit fiscal pour inciter les propriétaires immobiliers à effectuer des assainissements complets. Cela dit, rappelle Philipp Schwander, «les mesures concernant la consommation d'énergie dans les bâtiments sont d'abord du ressort des cantons». C'est pourquoi «la Confédération les enjoint à renforcer et à développer le MoPEC en prenant des mesures allant dans le sens de la stratégie énergétique 2050». Qui vise notamment à réduire la consommation d'énergie et d'électricité et à diminuer la part des énergies fossiles dans le mix énergétique.

Priorité à l'assainissement

«Nous sommes d'accord sur le principe du renforcement du programme Bâtiment. Il s'agit d'abord d'améliorer l'isolation du parc immobilier avant d'intervenir sur le choix du type de chauffage», réagit Philippe Cordonier, de l'Union Pétrolière, qui sait que le MoPEC 2014, la nouvelle version du programme des cantons, souhaite un abandon des chauffages à combustibles fossiles dès 2020 pour les bâtiments neufs. Le marché du mazout est cependant moins dans le neuf (10% du marché) que dans l'existant (50% du parc immobilier résidentiel). La solution de l'isolation vaut ainsi son pesant de CO2, plaide Philippe Cordonier. "Une maison qui respecte les principes du MoPEC 2008 consomme annuellement moins de 5 litres de mazout au mètre carré, alors qu'aujourd'hui, près de deux tiers des logements chauffés au mazout consomment encore 20 litres au m2". Marge il y a donc. S'il craint des initiatives cantonales pour l'interdiction pure et simple du mazout, il qualifie de "constructive" la position fédérale qui vise à "l'amélioration du parc immobilier tout en laissant la liberté de choix du mode de chauffage".

Divergences entre fossiles

Qui dit combustibles fossiles, dit aussi gaz naturel. "Potentiel de rénovation il a y, mais on ne peut pas ignorer une certaine réalité économique puisque les solutions envisagées engendrent des investissements supplémentaires pour les 850 000 chaudières à mazout et 300 000 à gaz", ajoute Pierre-Alain Kreutschy de l'Association suisse de l'industrie gazière (ASIG). Une industrie qui tient toutefois à prendre ses distances du fossile. "L'isolation et le remplacement du mazout par le gaz reprennent tout leur sens avec la Stratégie énergétique 2050. Puisque 68% de la population suisse est reliée au gaz naturel et que cette énergie émet moins de CO2 que le mazout. Par ailleurs, notre réseau est un avantage pour le développement des énergies renouvelables puisqu'il peut notamment absorber sans modification le biogaz produit localement".
L'industrie gazière attend d'ailleurs de la Confédération qu'elle se décide en matière du biogaz ou du gaz naturel contenant du biogaz. "Le gaz naturel contenant 20% de biogaz est défiscalisé car considéré comme renouvelable pour le transport ou la production d'électricité mais pas pour le chauffage", constate Pierre-Alain Kreutschy. Autre remarque des gaziers au texte soumis à consultation jusqu'au 31 janvier : la Confédération doit aussi encourager la microgénération, alors que seules les installations de couplage chaleur-force de plus de 380 kW sont pour l'heure concernées, relève l'ASIG.

"Le meilleur compromis"

Si le mazout se considère comme freiné mais pas stoppé par le premier paquet de mesures fédéral, le gaz naturel estime qu'il a encore "de bonnes années" devant lui. Même avec Stratégie énergétique 2050? "Oui, le texte n'est pas suffisamment clair pour parler du gaz au passé surtout que notre énergie reste le meilleur compromis pour lier économie, énergie et écologie". Le débat ne fait que commencer et il rebondira dans tous les cantons au fur et à mesure que le MoPEC 2014 sera intégré dans les politiques énergétiques.

 

 

 

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